03/02/2026 • Lecture de 6 min

Espaces éducatifs : la pollinisation croisée des communautés

5 idées pour concevoir des espaces d'apprentissage avec Charlotte Pearce

par Alex Przybyla

L’éducation est tout simplement l’âme d’une société qui se transmet d’une génération à l’autre.

Gilbert K. Chesterton

L’auteur anglais G.K. Chesterton réfléchit à la manière dont l’âme d’une société est portée par la puissance de l’apprentissage, de génération en génération. Existe‑t‑il un lieu où cela soit plus palpable que sur un campus ?

À l’école ou à l’université, quelque chose en nous semble toujours s’amplifier  : de nouvelles idées, de nouvelles rencontres, de nouveaux espoirs. Ces saisons d’apprentissage nous transforment, et qu’on se souvienne de nos campus avec nostalgie ou non, une chose reste vraie : les espaces nous apprenons façonnent la manière dont nous apprenons.

Conçus avec intention, les environnements d’apprentissage peuvent éveiller l’envie de partager le savoir et de créer du lien avec la communauté qui nous entoure. Et si les mutations mondiales actuelles posent de réels défis pour le design, elles ouvrent également la voie à des espaces plus sains, plus inspirants et plus beaux, qui soutiennent notre manière de grandir.

Pour en savoir plus, j’ai discuté avec Charlotte Pearce, qui dirige le portefeuille Learning de Haworth en Australie et en Nouvelle‑Zélande.

Voici cinq enseignements issus de notre conversation sur Haworth et son rôle d’accompagnement dans la conception d’espaces d’apprentissage.

 

1. L’hybridation de l’apprentissage oblige les campus à repenser leurs espaces physiques

Charlotte observe une profonde remise en question dans tout le secteur de l’éducation. « Après le COVID, qui a bouleversé le monde, nous sommes passés de l’analogique au digital. » Elle note un mouvement général : après l’accélération numérique liée à la pandémie, les universités — pas seulement en Australie — réinventent leurs amphithéâtres, bibliothèques et autres espaces clés.

Cette transition donne aussi naissance à de nouveaux formats hybrides, comme des studios numériques où le personnel peut enregistrer du contenu. Idéalement, l’enseignement reste présentiel, dit‑elle, mais la diffusion des cours nécessite désormais un équilibre plus sain entre en ligne et en face‑à‑face.

L’apprentissage hybride nous rappelle aussi que chacun apprend différemment. Certains étudiants préfèrent les enregistrements en ligne ; d’autres s’épanouissent davantage dans des environnements collaboratifs en présentiel, notamment dans les disciplines du design.

Pour répondre à cette diversité de styles d’apprentissage et à l’évolution des modèles pédagogiques, les campus se tournent vers des espaces flexibles et polyvalents, capables de s’adapter aux besoins changeants. Les contraintes budgétaires renforcent cette tendance : avec moins de ressources, chaque espace doit être plus performant.

2. Les espaces d’apprentissage se tournent vers un design plus inclusif

Les universités cherchent de plus en plus à créer des environnements perçus comme sûrs et accueillants. « Cela revient à créer des espaces sécurisants », explique Charlotte. Concevoir pour favoriser le sentiment d’appartenance devient essentiel, et impliquer différents sous‑groupes communautaires enrichit la vie sur le campus.

L’attention se déplace également vers les apprenants neurodivergents. « En examinant les espaces inclusifs et la manière dont la neurodiversité intervient, les recherches de Haworth sont profondément ancrées dans la régulation et la gestion sensorielle », précise-t-elle. L’équipe Haworth Learning travaille avec des groupes mondiaux — « qu’il s’agisse des recherches de l’équipe Ideation sur les tendances et le design inclusif ou de la capacité de l’équipe Operations à créer des espaces pilotes itératifs… avec plusieurs groupes d’acteurs ».

Ces approches collaboratives ont façonné l’un des projets préférés de Charlotte : un Centre d’excellence pour l’inclusion du handicap dans une institution nationale australienne. « Les recherches de Haworth sur le design inclusif ont inspiré un concept, une trame pour le projet ; tout est arrivé au moment parfait », dit-elle. Avec le soutien de l’équipe Haworth élargie, la recherche s’est traduite en un espace qui améliore réellement l’expérience étudiante.

3. Les universités privilégient des solutions pragmatiques et durables

La durabilité reste une priorité dans les espaces d'apprentissage australiens. « Nous avons constaté une progression des objectifs ESG et de durabilité », explique Charlotte. « Il s’agit donc non seulement de viser la neutralité carbone, mais aussi de mettre l’accent sur le design circulaire. Et Haworth – petite pub ! – a une très belle initiative de design circulaire avec nos chaises Zody. Nous travaillons actuellement avec deux ou trois universités pour réaliser la remise en état ces sièges et les réintégrer.

Le programme Second Life de Haworth prolonge la durée de vie de milliers de chaises Zody à travers le monde. « Les chaises Second Life — en parfait état, revalorisées et remises en service — permettent d’éviter d’envoyer des déchets en décharge », explique Charlotte. « Et ces chaises sont réinstallées avec une garantie de 12 ans. Alors pourquoi s’en priver ?

En savoir plus sur un projet Second Life en Australie, Yarra Valley Waters.

4. Les espaces d’apprentissage adaptables renforcent l’autonomie des étudiants

Il n’existe pas de règles universelles pour concevoir un espace, mais donner aux utilisateurs davantage de contrôle sur leur environnement améliore généralement leur expérience. Charlotte souhaite voir davantage « d’espaces d’apprentissage qui permettent aux étudiants de prendre les commandes ». Avec du mobilier modulable, ils peuvent configurer et reconfigurer leur environnement pour étudier, collaborer ou réaliser leurs travaux.

Elle souhaite également que les campus « encouragent réellement les étudiants à prendre la responsabilité de leur propre apprentissage, que ce soit en collaborant avec leurs pairs ou en se rapprochant du monde professionnel », ajoute-t-elle. « Et idéalement, nous voulons que les entreprises s’intéressent aux talents qui émergent… qu’elles collaborent véritablement avec les universités via des ateliers et des projets »

5. L’avenir de l’éducation : la pollinisation croisée des communautés

Les espaces d’apprentissage — comme les espaces de travail — évoluent. En période de changement, nous avons l’occasion d’imaginer et de créer un monde meilleur : un monde plus inclusif, plus sain, qui permet à chacun de s’épanouir.

Charlotte voit un fort potentiel dans les campus : « un grand axe de ma vision et de mes recommandations rejoint l’idée de campus comme lieux de pollinisation croisée de communautés », explique-t-elle. Au‑delà de simples lieux d’étude ou d’acquisition de compétences, elle imagine des campus intégrant aussi des services communautaires, des crèches, « des espaces qui traversent la puissance des générations ».

Elle imagine « une destination : un lieu où les étudiants ont envie de venir pour partager leur savoir avec des communautés de personnes âgées ou transmettre leurs compétences à des élèves du secondaire ».

Un projet actuel reflète déjà cette tendance. « Un bon exemple en est l'université Western Sydney à Parramatta, en Nouvelle-Galles du Sud », explique Charlotte. « Les lycéens locaux viennent apprendre et étudier dans les espaces collaboratifs aux côtés des étudiants de l’université… ils découvrent ce qui les attend et comprennent les exigences des espaces d’apprentissage et de travail. »

Nous concevons des espaces qui permettent aux gens de donner le meilleur d'eux-mêmes, que ce soit dans le cadre de leurs études ou de leur carrière. Charlotte voit dans les collaborations mondiales de Haworth, sonorientation rechercheet son approche de pilotes itératifs de véritables atouts pour nos partenaires dans le monde de l’éducation.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Haworth Learning, n'hésitez pas à contacter Charlotte.Pearce@Haworth.com

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