Il est essentiel de créer un environnement de travail qui permette à chacun de s’épanouir et de bien travailler. Il s’agit notamment de soutenir les employés neurodivergents. Bien que ses comportements et activités cognitives diffèrent de ceux des neurotypiques, ce groupe se révèle souvent le plus créatif et le plus performant au sein d’une entreprise.
L’impact des sensibilités sensorielles
De nombreux facteurs peuvent influencer l’impact de l’espace sur une personne. Travailler dans un bureau peut être parfois difficile pour la plupart des gens, mais cela peut être particulièrement éprouvant pour les personnes neurodivergentes et/ou souffrant d’hypersensibilité sensorielle. Il existe plusieurs déclencheurs sensoriels dissimulés dans les espaces de travail, qui peuvent rapidement faire dérailler la journée d'une personne sensible. Si le lieu de travail n’est pas rassurant, cela peut entraîner un masquage émotionnel, c’est-à-dire la dissimulation ou la suppression de sa sensibilité ou de son état neurodivergent pour se conformer aux normes du lieu de travail ou de la société La dissimulation, en particulier lorsqu’elle est récurrente, est épuisante et peut avoir un impact sur le niveau d’énergie, les capacités cognitives, les émotions et le bien-être général d’une personne neurodivergente.
Comprendre les troubles neurodivergents
Les personnes neurodivergentes se comportent, pensent et apprennent différemment des personnes neurotypiques. Les recherches sur le sujet tendent à montrer que 15 à 20 % de la population mondiale présente une forme ou une autre de neurodiversité. Les troubles neurodivers comprennent, entre autres, l’autisme (TSA), le trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité (TDAH), la dyslexie, le syndrome de Gilles de la Tourette, le trouble obsessionnel compulsif (TOC) et l’anxiété.
Répondre aux stimuli sensoriels
Étant donné que les individus peuvent réagir aux stimuli externes de diverses manières, le lieu de travail regorge de circonstances susceptibles de déclencher des réactions négatives. Ces expériences sensorielles désagréables au travail peuvent être stressantes, et les personnes neurodivergentes peuvent avoir particulièrement du mal à les surmonter. Nos recherches mondiales sur la résilience nous ont appris que fournir aux personnes de bonnes conditions sur le lieu de travail peut réduire leur stress et améliorer leurs performances.
Les 8 systèmes sensoriels
Pour comprendre les moyens à mettre en œuvre sur le lieu de travail, il faut connaître les 8 systèmes sensoriels de notre corps.
1. Vestibulaire (équilibre et mouvement)
Renseigne sur la position du corps dans l’espace et sur le mouvement du corps ou de l’environnement ; il nous indique la vitesse et la direction du mouvement.
2. Proprioceptif (muscles et articulations)
Fournit des informations sur l’emplacement d’une certaine partie du corps et sur la façon dont elle bouge.
3. Intéroceptif (sensations corporelles internes)
Informations sur les sensations corporelles ; comment nous ressentons et comprenons ce qui se passe à l’intérieur de nous-mêmes, et comment nous régulons nos réactions émotionnelles.
4. Visuel (vue)
Renseigne sur les objets et les personnes ; nous aide à définir les limites lorsque nous nous déplaçons dans le temps et l’espace.
5. Auditif (Audition)
Fournit des informations sur les sons de l'environnement (fort, doux, aigu, grave, proche, lointain).
6. Tactile (Toucher)
Fournit des informations sur l’environnement et les qualités des objets (toucher, pression, texture, dur, mou, tranchant, monotone, chaud, froid, sensation de gêne).
7. Olfactif (Odeur)
Fournit des informations sur les différents types d’odeurs, tels que les odeurs de moisi, âcre, putride, fleurie, ou piquante.
8. Gustatif (Goût)
Fournit des informations sur les différents types de goût, tels que sucré, acide, amer, salé et épicé.
Soutien sensoriel sur le lieu de travail
Le lieu de travail doit être aussi agréable que possible aux personnes neurodivergentes, et doit fondamentalement répondre aux besoins physiques des employés. Pour les personnes sensibles aux huit systèmes sensoriels, la satisfaction de ces besoins peut avoir un impact plus important que pour les autres employés.
Même si les employeurs ne peuvent pas contrôler tous les éléments susceptibles de provoquer un désagrément sensoriel, ils peuvent modifier subtilement l’aménagement du lieu de travail, et fournir un éventail de choix pour répondre aux besoins sensoriels spécifiques des employés. Si les besoins physiques d’une personne sont satisfaits et que les déclencheurs sensoriels indésirables sont évités, cette personne pourra satisfaire ses besoins émotionnels et cognitifs sur son lieu de travail.
Le facteur clé des méthodes recommandées pour soutenir les hypersensibilités sensorielles est le choix et le libre arbitre de l’utilisateur Le lieu de travail doit au minimum répondre aux besoins sensoriels et faire en sorte que les employés se sentent en sécurité et bien traités. Dès lors qu’un employé perçoit un déclencheur sensoriel, il doit pouvoir trouver sur son lieu de travail un espace offrant les options dont il a besoin pour le maîtriser. Cela peut se faire au poste de travail ou dans d’autres espaces du bâtiment.