28/10/2025 • Lecture de 6 min

Concevoir des environnements de travail inclusifs pour valoriser la neurodiversité

Les dernières recherches révèlent comment créer des environnements inclusifs qui permettent à chacun de s’épanouir pleinement.

par Kristin Reddick

Le lieu de travail moderne, avec ses espaces ouverts, son activité constante et ses nombreux stimuli sensoriels, représente un défi pour l’ensemble des collaborateurs. Pour les personnes neurodivergentes, ces défis sont souvent amplifiés et peuvent avoir un impact direct sur leur productivité.

Les nouvelles recherches menées par Haworth explorent les expériences des collaborateurs neurodivergents, en mettant en lumière l’influence des environnements physiques, des politiques d’entreprise et de la culture organisationnelle sur leur quotidien au travail. Elle propose également des stratégies concrètes en matière de design, applicables au-delà des bureaux, dans les secteurs de l’éducation, de la santé et d’autres environnements, afin de créer des espaces inclusifs où chacun peut s’épanouir.

Définitions : Comprendre la neurodiversité

  • Neurodiversité (ND) – Fait référence à la diversité naturelle des fonctions cérébrales et des traits comportementaux chez les individus. Le concept souligne que ces variations sont normales au sein de la population humaine.
  • neurotypique (NT) – Décrit les personnes dont le développement neurologique et le fonctionnement cognitif correspondent aux attentes sociales de ce qui est considéré comme la norme neurologique.
  • neurodivergente – Fait référence aux différences dans le fonctionnement du cerveau d’une personne, qui influencent sa manière de se comporter, de penser et d’interagir avec le monde. Ces différences sont des variations naturelles.
  • neurotype – Un aspect fondamental de l’identité d’une personne, lié à la manière dont son cerveau apprend, communique et évolue. Plus précisément, le terme « neurotype » peut être utilisé pour décrire le type de cerveau qu’une personne possède ou avec lequel elle s’identifie. Les neurotypes incluent, sans s’y limiter, le trouble du spectre de l’autisme (TSA), le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les déficiences intellectuelles, la dyslexie, la dyspraxie, le trouble obsessionnel compulsif (TOC) et le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Chaque neurotype peut apporter des forces uniques et des perspectives précieuses. 

 

 

L'impact sensoriel de l'environnement physique

Cette étude, fondée sur des entretiens approfondis avec des collaborateurs neurodivergents et une enquête mondiale menée auprès de collaborateurs neurodivergents et neurotypiques, met en évidence des différences essentielles dans la manière dont les facteurs environnementaux influencent l’expérience au travail.

Bien que la lumière, les sons et les odeurs aient un impact sur tout le monde, les personnes neurodivergentes présentent souvent une sensibilité accrue à ces stimuli. Leur performance peut être influencée positivement ou négativement par des éléments visuels tels que les couleurs, les motifs et les mouvements, ainsi que par des éléments tactiles comme les textures de surface.

Cette variabilité souligne l’importance de proposer une diversité d’options d’aménagement, afin de répondre à une large gamme de préférences sensorielles et de styles de travail.

Pourquoi la flexibilité et le contrôle sont essentiels

Nos recherches montrent que l’environnement physique de travail a une influence profonde sur le bien-être et la performance des collaborateurs. Un environnement positif et bienveillant permet de réduire le stress et d’améliorer la concentration, tant pour les collaborateurs neurodivergents que neurotypiques.

Lorsqu’elles sont exposées à des stimuli environnementaux négatifs, tels qu’un bruit excessif ou un éclairage agressif, les personnes neurodivergentes déclarent des niveaux nettement plus élevés de frustration, d’anxiété et de difficulté à se reconcentrer, comparativement à leurs collègues neurotypiques. Elles sont également plus susceptibles d’éviter ou de quitter le bureau en raison de conditions de travail inadaptées.

Ces résultats soulignent l’importance de proposer des espaces adaptables et de donner aux collaborateurs les moyens de contrôler leur environnement.

Écarts entre les stratégies et le besoin d'équité

Les collaborateurs neurodivergents bénéficient souvent d’outils comme les casques antibruit et recherchent des espaces alternatifs, tels que les salles de concentration ou les zones calmes, pour gérer les stimuli sensoriels et maintenir leur niveau de concentration. Des politiques de travail flexibles, incluant des options de télétravail, sont essentielles pour soutenir les personnes neurodivergentes et leur permettre de choisir l’environnement le mieux adapté à leurs besoins.  

Les employés, qu’ils soient neurodivergents ou neurotypiques, apprécient tous les politiques de travail qui les soutiennent, comme des horaires flexibles ou plus d’autonomie. Mais l’étude montre que ces mesures ne sont pas toujours appliquées de manière équitable pour tout le monde. Les employés neurodivergents sont plus nombreux à dire que, même si ces politiques existent, elles ne sont pas toujours utiles ou appliquées de manière cohérente.

Pour favoriser l’équité et instaurer un climat de confiance, les organisations doivent non seulement mettre en place des politiques inclusives, mais aussi veiller à ce qu’elles soient appliquées de manière cohérente et équitable pour tous les employés. Une communication ouverte et des processus transparents sont essentiels pour réduire cet écart et permettre à tous les employés de se sentir soutenus.  

Réduire le stress grâce à une culture d’entreprise bienveillante.

Les employés neurodivergents ressentent un niveau de stress nettement plus élevé lorsqu’ils doivent gérer certaines exigences du travail, comme les délais serrés ou le multitâche. La pression pour se conformer aux attentes traditionnelles du monde du travail peut aggraver ces difficultés, entraînant davantage d’anxiété et un risque accru d’épuisement professionnel.

Des politiques de soutien, un environnement de travail positif et des relations solides entre collègues peuvent aider à réduire le stress et à renforcer le sentiment d’appartenance. Les programmes de mentorat, les cercles de réflexion et les canaux de communication ouverts peuvent favoriser une culture solidaire dans laquelle les personnes neurodivergentes se sentent à l'aise pour demander de l'aide et exprimer leurs besoins.  

Stratégies de design pour des espaces de travail inclusifs.

Principaux éléments à prendre en compte pour concevoir des espaces de travail neuro-inclusifs : 

  • Variété et choix – Proposer une diversité d’espaces de travail qui répondent à différentes préférences sensorielles et styles de travail. Cela inclut des zones calmes pour le travail concentré, des espaces collaboratifs pour les projets en équipe, et des lieux de détente pour se ressourcer. Proposer des options pour le travail individuel et en groupe permet aux employés de choisir l’environnement qui soutient le mieux leurs besoins et leurs tâches. 
  • Contrôle et personnalisation – Permettre aux employés de gérer l’éclairage, le bruit et la ventilation dans leur espace de travail. Installer des luminaires réglables et encourager l’utilisation de casques antibruit. Permettre à chacun de personnaliser son environnement pour limiter les distractions sensorielles. Utiliser des systèmes de réservation de postes de travail pour permettre aux employés de choisir les espaces qu’ils préfèrent et mieux organiser leur journée.
  • Flexibilité et autonomie – Mettre en place des politiques de travail flexibles, incluant le télétravail et des horaires aménageables. Laisser les employés choisir quand et où ils travaillent les aide à mieux gérer leur énergie et à réduire le stress. Fournir des lignes directrices claires et des attentes précises pour le télétravail permet de garantir la productivité et de maintenir le lien entre les membres de l’équipe. 
  • Considérations sensorielles – Prêter attention aux éléments visuels, auditifs, olfactifs et tactiles dans l’environnement de travail. Réduire les éléments déclencheurs comme une lumière trop vive, les distractions visuelles, le bruit excessif ou les odeurs fortes. Proposer des zones calmes dédiées et des espaces adaptés aux sensibilités sensorielles pour les personnes ayant besoin d’un environnement à faible stimulation. 
  • Culture de soutien et communication – Encourager une culture fondée sur la compréhension et l’acceptation de la neurodiversité. Mettre à disposition des ressources comme des programmes de mentorat, des groupes de soutien pour les employés et un accès à des services de santé mentale. Encourager une communication ouverte et proposer des formations pour sensibiliser à la neurodiversité et promouvoir des pratiques inclusives.

Libérer le potentiel d’une équipe neurodiverse.

En comprenant les besoins spécifiques des personnes neurodivergentes et en mettant en œuvre des stratégies de design inclusives, les organisations peuvent créer des environnements de travail plus productifs, bienveillants et stimulants pour tous.

Une équipe composée de profils neurodivers apporte une richesse de talents, de perspectives et d’innovation. Créer un environnement où chacun peut s’épanouir permet de révéler le potentiel de chacun et de favoriser la réussite de l’organisation. 

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